Défi cross Cuges-Les-Pins 1/1

A l’heure actuelle, aucun pilote n’a réalisé de cross au départ de Cuges les Pins. La cause principale étant la TMA à 1350m d’altitude compliquant tout départ en cross. Mais ne perdons pas espoir, c’est une excellente occasion pour progresser ! La formation d’un parapentiste n’ayant jamais de fin, on apprendra toujours de nouveau détails insoupçonnés ! Mon but est d’ouvrir une porte pour les futurs crosseurs et de vous donner quelques clefs pour la préparation d’un cross.

La TMA nous compliquant le vol, sachant que la hauteur/sol sur la Sainte-Baume étant faible, nous devons étudier minutieusement la topographie du terrain de jeu.
Je rappelle que la crête de la Sainte-Baume culmine à plus de 1000m en moyenne. Son plateau en contrebas, au nord, où se situe le village de Plan-d’Aups-Sainte-Baume, nous donne une hauteur/sol désavantageuse pour la transition.

1 – Repères

Voici différentes photos prises à 11H00 et 11H30.

L’intérêt de ces photos est de localiser la source des thermiques en fonction de la position du soleil et de les étudier sur Google Earth. Pour cela, il est nécessaire de chercher les zones les mieux exposées au soleil, les contrastes, la nature du sol (…) en tenant compte de l’heure d’ensoleillement et de les comparer avec les photos prises.

Après avoir repéré certains reliefs, ainsi que le village de Nans-Les-Pins (4), il est pratique d’insérer nos repères sous forme de balise sur XCTrack afin d’optimiser notre route. A noter que ces zones ne sont pas sûr à 100% mais augmente la probabilité d’y rencontrer des zones ascendantes. De plus, il est intéressant de visualiser des anciennes traces de vol afin de les comparer avec nos données. Thermal Map, XC planner sont des exemples permettant la visualisation des routes empruntées par les pilotes.

2 – Préparation

L’instabilité en basse couche en prévision semble généreuse. Le modèle AROME de la veille, aux différents passages prévus pour la transition au nord de La Sainte Baume nous fournit :

Le vent météo sera orienté SUD selon le modèle GFS à 900m d’altitude. Mon plan de vol optimisera mes repérages. Toutefois, il ne faut pas totalement se reposer sur ces zones car une fois en vol, notre analyse continue. Ces zones me permettent après étude de la topographie, du développement nuageux, et de quelques traces GPS de mieux appréhender le terrain.

3 – le vol

Ce samedi 20 juillet a été ma première tentative de départ en cross au départ de Cuges-Les-Pins.
Il est 10H20, je monte à pied au décollage et suis optimiste car en arrivant à 10H50, les élèves parapentistes se font catapulter dans les cieux ! L’instabilité est flagrante et je décolle à 11H00 après les stagiaires. Malheureusement, l’instabilité devient timide et j’atterris.
Si c’était à refaire, je dévierais dans le petit thermique à gauche du décollage, et me placerais sur le massif à l’arrière en prenant soin de ne pas être sous le vent. Option réalisable puisque déjà fait avec succès :

Je conseille de monter tôt au décollage pour plusieurs raisons dont les principales sont :

  • l’observation de l’évolution de l’aérologie,
  • prendre le temps de se préparer en sécurité,
  • visualiser les élèves pilotes matérialisant la masse d’air,
  • décoller dans le bon créneau,
  • obtenir une 2eme chance, celle de remonter au décollage après un échec etc.

Le soleil tourne et je dois changer de décollage. Je profite de la navette pour obtenir LA 2eme chance.

Je redécolle à 12H40 et prends aussitôt un ascenseur. Je le quitte à 1300m pour me fixer 50m de sécurité avec la TMA situé au dessus. Aux prochaines tentatives de cross, je fixerai ce seuil à 1250m car 50m de gain d’altitude peuvent se prendre facilement en 10s ! En effet, le temps de sortir du thermique, il peut être trop tard si l’instabilité est très présente.
Surpris, je ne m’attendais pas à une large zone ascendante et dû enchaîner des 360 afin de respecter l’espace aérien.

Ensuite, commence mon erreur. Il s’agit d’une erreur de plan de vol.
Le long de la crête, la masse d’air est portante et mon variomètre varie entre 0m/s et 1m/s. Je décide, confiant, de quitter la crête pour transiter vers le repère n°2.

Il ne faut pas oublier qu’une masse d’air ascendante présente autour d’elle une masse d’air descendante. En conséquence, partir de ce point n’optimise pas ma transition. Voici le plan de vol que j’aurai dû adopter (tracé vert) :

En vert, ma transition vers le nord en direction du repère n°2 diminue, et je bénéficie de la masse d’air portante le long de la crête. Dans cette optique, en cas de rapprochement de la TMA, je pouvais aisément m’éloigner de la zone portante ou la rejoindre si ma hauteur/sol était critique.

N’hésitez à me contacter, je suis ouvert à toute explication. PARTAGEONS !

Tentative de départ de l’Escalette

2 Jours avant un changement de programme, Oro et moi devions nous retrouver à Saint-André-les-Alpes. Tout semblait excellent pour un triangle FAI. Cependant, après analyses des différentes couches, il ne fallait pas dépasser les 3000m à cause d’un vent fort du nord.

Hier, après une nouvelle analyse météorologique, on décide d’annuler le trip car du vent météo fort d’ouest rentrera, et un ciel bouché est également annoncé.
En conséquence des changements, Mig, Nico et moi se donne rendez-vous à l’Escallette de la montagne Sainte-Victoire dans l’espoir de suivre le parcours suivant :

On arrive au décollage de l’Escalette à 11h20 et attendons que la balise du Pic des Mouches donne une baisse considérable ainsi que l’orientation ouest désirée.

Les cycles thermiques commencent à se ressentir et décidons de décoller vers 12H00.
A notre grande surprise, le léger vent météo se réoriente en nord-ouest, sommes sous le vent de la crête situé à droite et le ressentons désagréablement.

Mig et Nico réussissent à s’extraire et atterrissent respectivement à Mazaugues et Trets. Quand à moi, j’évite de me rapprocher trop de la crête sous le vent pour éviter la catastrophe et atterris en conséquence.

Belle ambition mais des conditions météorologiques inattendues

Le week-end précédent ainsi que la veille, tout est vert pour partir en cross au départ de Moustier-Ste-Marie. Les émagrammes ressemblent à ceux du 1er mai. En prévision, un vent météo intéressant pour partir ver GAP et des plafonds atteignant les 2500m en milieu de journée pour le site de Moustier.

En compagnie d’Adrien, on rejoint Moustier et apercevons avec enthousiasme des vautours enrouler à 9H30 sur notre route. Déjà de l’instabilité ?

On rejoint le décollage de Courchon en amont du village et obtenons un accueil chaleureux de l’école locale.

2 élèves décollent à 10H40 et matérialisent parfaitement la masse d’air. Sur leur route, ils rencontrent des ascendances bien structurées. Pour leur 1er vol, c’est génial !

Un pilote avec sa Volt2 tente un décollage par vent nul, se loupe par manque de portance et a évité de justesse un accident.

Le matin, l’arrière du décollage chauffe plus générant de légères brises arrières. Quand la brise de face est absente, le décollage d’où sont partis les 2 stagiaires sont à privilégier.

Il est 11H30, je décolle.
Je rejoins le thermique dessiné par les 2 stagiaires et monte aisément à 1628m, soit 704m au dessus du plateau située à l’arrière. J’exploite tout ce que je trouve autour du décollage. En transitant vers le Mont-Denier au dessus du plateau, je perds vite de l’altitude et ne trouve aucune ascendance. Et je reviens vers la zone de décollage refaire un gain d’altitude

La convection est stoppée 30 minutes plus tard, je ne parviens plus à rejoindre le plafond !
Durant ce temps, beaucoup de pilotes arrivent au décollage et ne tiennent pas en l’air, c’est le “plouf” pour Adrien et les autres.

A l’atterrissage, la brise est forte à cause de l’effet venturi produit par la vallée. Au décollage, la brise s’est orientée sud, plus personne ne décolle. Les prévisions météorologiques annonçaient une matérialisation de la masse d’air par des cumulus mais aucun ne se formaient sur nos têtes. Par contre, elle devenait visible au sud.

Pour conclure, si ce vol était à refaire, la stratégie aurait été la suivante :

Journée du 6 mai explosive

Vol sur la Sainte Baume du 6 mai

A la débauche de ma permanence du week-end, la station météorologique donnait un vent de 35km/h sur le massif. De plus, la zone R95A étant activée pour la journée, je ne peux pas exploiter mon plan de vol initial.

Je consulte les différentes balises et le choix est rapide, ce sera un décollage nord sur la Sainte Baume. En effet, avant de monter au décollage, le vent est encore fort et orienté nord sur toutes les balises environnantes.

J’arrive sur la crête de la Sainte Baume et la poussière de la carrière de Signes indique du nord bien marqué. J’ai fait le bon choix et il ne me reste plus qu’à attendre la baisse annoncée de la vitesse du vent.

A ma grande surprise, je rencontre Loïc de Parapente Ste Victoire ! Il attend également un moment plus propice pour décoller et emboite le pas en premier. N’ayant pas volé depuis longtemps à cause d’une blessure et ne se sentant pas à l’aise dans les cisaillements des thermiques, il décide de poser.

Je décolle à mon tour et pars pour 2H46 de vol avec des ascendances de 4m/s et des thermiques désorganisés atteignant parfois les 6m/s ! Couplés à un vent météo d’ouest/nord-ouest rafaleux, le vol devient sportif et intéressant d’un point de vue technique.

Je parviens à faire l’aller-retour SteBaume – Trets et au retour, le vent est passé ouest à 22km/h. Il m’est même difficile de poser car ça monte partout ! Les émagrammes disent juste mais pas pour le lendemain…
A mon atterrissage, j’apprends que Mig fait un superbe vol du Mont Caume et que d’autres sont partis à la Cadière et n’ont pu décollé à cause du vent fort.

Plan de vol du lundi 6 mai (ed.4/05/19)

Ce lundi 6 mai, les émagrammes fournissent d’intéressantes courbes suradiabatique à proximité du sol ainsi qu’un gradient adiabatique laissant croire une présence de bons thermiques. En effet, le site de vélivole annoncent une vitesse moyenne verticale de 4 m/s le long de mon parcours étudié.

Un léger flux Sud/Sud-Ouest me permettrait de dériver en direction du Verdon.

Toutefois, ce parcours serait envisageable si l’espace R95A du Luc était désactivé.
L’instabilité de la masse d’air annoncée permettrait sans doute une transition sous les espaces aériens Provence6(1375m) et Nice8(1650m) avec moins de difficulté.

Le choix du décollage se fera au dernier moment car les prévisions ne semblent pas certaines.

L’erreur de ne pas partir en cross

Mardi 30 avril, je prépare mon matériel pour le retour d’un cross prévu le lendemain avec mes cartes, lignes de bus et de train imprimées, sac de couchage… Les prévisions annoncées d’excellentes conditions avec des plafond atteignant les 2500m de Manosque vers le nord.

Plan de vol et vent météo sur le parcours en tête depuis le 29 mai au soir, je suis enthousiaste pour franchir Gap depuis la Sainte Victoire malgré l’annonce d’une installation tardive de l’instabilité.

Afin d’être sûr de réaliser un cross de 150km, je revérifie les prévisions la veille à 20H00.

Ciel bouché, risque de surdéveloppement nuageux, averses localisées sont prévus selon mes dernières analyses.

Sceptique sur un potentiel cross de plus de 100km, je décide d’annuler et me contenterai d’un simple vol local le 1er mai.

En rentrant, j’apprends que des cross ont été effectués depuis la Sainte Victoire ne dépassant pas les 100km.
Par contre, un triangle FAI de 268km à été réalisé au départ de Saint Hilaire Sud, félicitation à Batiste Lambert ! Voici sa trace :

La science météorologique est de la probabilité. Il ne faut pas hésiter de partir en cross car le meilleur peut toujours arriver !

Jusqu’à aujourd’hui, les compétitions auxquelles je me suis inscrit on été annulées. Les prochaines seront à Aucun/Hautacam dans les Hautes-Pyrénées les 11 et 12 mai et dans le Revermont dans l’Ain les 18 et 19 mai.