La préparation physique du pilote

La performance en vol ne concerne pas seulement un pilotage précis et actif, la forme physique est également indispensable. En effet, une condition physique minimale, que soit dans notre discipline ou dans d’autres activités, engendre bien être, sécurité et performance.
Bien qu’on soit assis, la pratique du parapente requiert un minimum de préparation physique si l’on souhaite réaliser de magnifiques vols. “Et pourquoi ?” certains me demanderaient…
Pour arriver à ces exigences, nous avons 2 axes de préparation qui sont l’endurance et le renforcement musculaire.

L’endurance

J’incite souvent les pilotes à monter à pied au décollage en leur expliquant tous les avantages que beaucoup ignorent. En plus du travail d’endurance que cela procure, monter avec son matériel permet de s’échauffer les jambes mais également les bras avec les bâtons de marches. Nous pouvons être amener à utiliser l’accélérateur et le doser constamment en fonction de l’aérologie rencontrée. En effet, le dosage de l’accélérateur implique la notion de résistance musculaire des quadriceps. Ainsi, la marche lestée (avec son matériel) en montée échauffera principalement ces muscles.
Enfin, l’utilisation des bâtons de marche apportant un soulagement articulaire, échauffera principalement le deltoïde latéral et postérieur et les triceps sollicités lors du pilotage aux commandes.

En plus de l’échauffement de ces zones musculaires, la marche en direction du décollage est un moment privilégié pour analyser la météo et se concentrer sur son vol à venir.

Petite anecdocte :
Vendredi 8 février, conditions plutôt stable.
Je rejoins le décollage sud-est de Cuges-les-Pins à pieds. Arrivé en milieu de monté, j’analyse la position des brises bien marquées ainsi que leur cycle. J’en déduisais qu’il fallait rejoindre la face sud où le rendement serait le meilleur. Arrivé au décollage orienté sud-est, mon analyse disait juste. 4 pilotes décollent et rejoignent aussitôt l’atterrissage. Ayant analysé les cycles, je prends le bon créneau et m’oriente vers la zone désirée. Les thermiques étant petits, je réussi tout de même à atteindre le plafond annoncé de la journée (1150m) et à voler 1H40 dans du thermique bleu tout en voyant les autres pilotes à ne pas réussir à s’extraire et à faire de simples « plouf ».

Pour revenir à la notion d’endurance, elle contribue à notre bien être et à de meilleures performances par conséquent. Le bien être permet de se prémunir des situations de stress sachant que le stress mal contrôlé peut nuire au pilotage avec mouvements parasites, déconcentration, sur-pilotage etc.
Annoncé une multitude de fois par les spécialistes de la santé, je rappelle qu’une activité physique régulière :

  • améliore le sommeil, indispensable pour être en forme et avoir une concentration accrue le jour d’un cross ou d’une compétition,
  • lutte contre le stress dont les effets cités précédemment peut aussi impacter notre sécurité,
  • stabilise notre poids de forme.

Le renforcement musculaire.

Le renforcement musculaire joue essentiellement un rôle dans la sécurité et le pilotage.
Il n’est pas rare de voir des pilotes louper leur décollage ou leur atterrissage impliquant des traumatismes plus ou moins importants. La meilleure façon de minimiser les conséquences physiques des chocs est de renforcer ses muscles, pour mieux protéger ses articulations et son squelette.
Personnellement, je privilégie le renforcement du dos afin de protéger une région sensible en cas de crash , la colonne vertébrale.
Parmi les muscles du dos, nous retrouvons :

Un exemple typique de la protection du dos est le lumbago. Lors d’un impact violent, notre corps réagit en contractant les muscles de la région lombaire.

Ensuite, le développement de la ceinture abdominale fournira une meilleure stabilité en vol car il permet de moins subir les turbulences.
En travaillant ce groupe musculaire :

  • on gère mieux les mouvements de roulis de l’aile et rendre son plané plus performant,
  • on régit plus vivement à la correction de cap lors d’une fermeture asymétrique et à la sortie d’une auto-rotation,
  • on est plus stable dans la sellette.

Et pour finir, le travail des épaules.
La position des bras fournit un travail de résistance musculaire. Cela est plus marquée lorsque l’on souhaite garder un très léger contact aux commandes pour lire la masse d’air, tout en s’approchant de la vitesse « bras haut ».

Pour conclure , cette préparation se ressentira essentiellement lors d’un cross ou d’une compétition, durant lesquels les durées de vol sont importants. De plus, cet article n’est qu’un avis personnel et fondé sur mon expérience et peut être largement approfondi. Avec les orientations données, vous pouvez désormais vous orienter sur des exercices physique à accomplir.