Pourquoi voler en parapente ?

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Je développe la réponse à cette question pour les désireux de comprendre cette magnifique activité et de la découvrir. Nombreux sont ceux qui ne connaissent pas notre activité, ses possibilités extraordinaires, et ce qu’elle nous fournit sur le plan émotionnel.
L’idée de s’élever et de s’évader dans les airs est aussi ancienne que l’humanité. Grâce au parapente, nous pouvons glisser dans les airs, tel un oiseau. Il a permis de démocratiser la 3eme dimension, d’accéder à de nouveaux paysages et d’offrir de nouvelles sensations. Connu sous le nom de Planeur Ultra Léger (PUL) et de vol libre, le parapente est l’aéronef offrant une facilité de mise en oeuvre incomparable, qui en fait essentiellement la raison de son succès.

L’origine d’un rêve

Nous pouvons remonter à d’anciennes civilisations dans lesquels la notion de se déplacer dans les airs s’illustraient dans les religions et les mythes. Vinrent ensuite les premières études concrètes menant l’homme à son plus vieux rêve, voler. Une réalité qui demeurera pour toujours à la jonction des 2 derniers siècles.
Cette idée de toucher les nuages, de s’élever dans les airs prend racine depuis plusieurs décennies avant notre ère. Nous pouvons remonter à l’an 343 av JC, lorsque Aristote consacre des écrits sur les oiseaux, en étudiant leur vol afin de le comprendre. A la même époque, la mythologie grecque donne naissance à l’un de ses personnages les plus connus, Icare. Fils de l’athénien Dédale, Icare nous transmet sa fascination du vol après sa fuite du labyrinthe conçu par son père architecte. Cette soif de liberté et son obsession de voler toujours plus haut et plus loin le précipite dans la mer, lorsque ses ailes composées de cire et de plumes se mirent à fondre en s’approchant trop près du Soleil.
Dans l’histoire, le rêve de voler fût de plus en plus théorisé et expérimenté jusqu’à nous livrer la liberté du vol que le parapente nous procure. Cette fascination du vol se retrouve également à travers nos super-héros favoris, qui tente de nous émerveiller avec leur pouvoirs.
Le parapente a permis de développer ce rêve et de le forger pour en faire un mode de vie, une philosophie voire un art.
Pour mieux appréhender cette discipline, nous avons beaucoup de supports pour y obtenir un excellent aperçu tels que les réseaux sociaux. Mais rien ne vaut un déplacement sur un site de vol, pour se laisser submerger d’émotions, se confronter directement aux passionnés et échanger sur ce sujet. De plus, je prête attention au vocabulaire employé par les non connaisseurs. En parapente, on décolle en courant depuis la terre ferme, mais on ne saute pas car il ne s’agit guère de chute libre.

Enfin, attention à certaines images véhiculées sur la toile. Certaines ne reflètent pas la réalité de l’activité et consistent à faire le buz, dans une société où l’on souhaite faire sensation par simple orgueil et égoïsme.
D’autres moyens vous permettront également d’apprécier cette discipline tels que le baptême en tandem, s’inscrire à un stage d’initiation pour y faire ses premiers grands vols, assister à diverses manifestations dont la plus connue est la Coupe Icare etc.

L’esprit

Autour du vol, nous y voyons d’ importantes valeurs tels que la liberté et le respect. L’harmonie avec la nature nous positionne dans un confort inégalé, en nous déconnectant de toutes nuisances au sol.
L‘emploi de la notion de liberté en vol se définit par une pratique libre de tout moyen extérieur (propulsion, terrains aménagés), c’est pour cette raison que nous la qualifions de vol libre. Et comme toutes circulations dans notre espace, nous sommes soumis à des règles.
Le parapente est une école de la responsabilité vis-à-vis de soi-même et d’autrui.
A travers elle, nous apprenons à nous écouter, et prendre en considération les autres.
Le parapente est une activité d’ouverture sur le monde, où chacun peut y trouver sa place sans distinction en tout genre.
Nous pratiquons une activité mentale reposant sur des enchaînements d’observations, de compréhensions et de décisions. Il n’y a pas d’âge pour être un pilote performant pour celui qui cherche le dépassement de soi en toute sécurité.
Désormais, je vous propose une approche plus psychologique sur le confort de s’élever dans les airs.
Ce défit contre la gravité, procure de la légèreté et permettrait de se détacher de notre lourdeur quotidienne. S’élever dans les airs s’assimilerait à de la douceur, à de la poésie, face à un monde où nous serions contraint à un rythme auquel l’adaptation serait difficile.
En volant, tous nos maux restent au sol et nous pouvons ainsi nous recentrer sur nous-même.
Voler c’est prendre de la hauteur, de la distance, il est connu sous le symbole de la liberté et de l’indépendance.
Pour résumer, la pratique du parapente est source de bienfaits !

En pratique

Le premier mot me venant à l’esprit serait “voyager”. En effet, cette activité nous permet de voyager en utilisant le soleil, principal carburant. Comme les oiseaux, nous exploitons des courants ascendants prenant naissance sous l’échauffement des sols, et sous l’influence du rayonnement solaire.
Hormis le bruit de vent relatif et de la voile, nous sommes dans un calme reposant. Nous profitons de vues extraordinaires portant au delà des vallées. Les sensations que procure le pilotage sont incomparables.
L’idée de cette pratique est clairement l’autonomie. Tout votre matériel rangé dans un sac à dos prévu à cet effet, vous serez libre de rejoindre le décollage à la simple force de vos jambes et de rejoindre les oiseaux.
Beaucoup d’entre-nous ignorons les possibilités, et elles sont nombreuses ! Vous pouvez décoller à partir de quelques mètres de dénivelé, monter très haut et parcourir des centaines de kilomètres. Vous pouvez également voyager en autonomie, ce qu’on appelle le vol bivouac. L’idée est simple, vous marchez, volez et campez sur plusieurs jours. Certains s’offrent ce plaisir en parcourant les massifs, sur plusieurs jours, seul ou à plusieurs.
Grâce aux technologies actuelles, le poids peut-être considérablement réduit pour emporter le nécessaire de voyage sans être surcharger. Les contraintes logistiques sont très réduites dans notre activité.
Dans sa pratique, le parapente est avant tout une technique, dans laquelle nous jouons avec un élément naturel, la masse d’air. C’est une activité technique qui nous incite à connaître notre environnement dans lequel nous évoluons. Elle se décrit telle qu’une technique aérodynamique et aérologique.
A travers cette discipline, nous pouvons nous voir comme de petits explorateurs, à vouloir voler toujours plus haut et plus loin. Elle nous donne cette soif de s’approprier ce qui nous entoure, afin de mieux appréhender l’environnement dans lequel nous évoluons. De ce fait, le parapente est une pratique dans laquelle nous nous remettons souvent en question, nous incitant à percer les mystères de l’invisible, pour rendre nos vols toujours plus jouissifs.
Cette activité est faite pour tous les goûts, des pilotes cherchant la tranquillité au travers des vols contemplatifs et de promenade, au pilote assoiffé de découvertes jusqu’au pilote cherchant de plus fortes sensations. Chaque vol est unique !
Le contact avec la nature, non comparable avec d’autres activités, fait du parapente une force d’équilibre, jusqu’à en devenir un besoin pour certains.
Il nous procure un bien-être qu’il est difficile d’expliciter ou de comparer. Chacun est libre de définir sa pratique et chacun y trouve un plaisir particulier.
Pour résumer, le parapente est qualifiable de sport de glisse, où l’on doit chercher la plus généreuse masse d’air, qui nous emmène au grès des courants, telle une vague que l’on surfe.

Une accessibilité hors pair

Tout le monde ne peut piloter un avion, un hélicoptère, et naviguer dans les airs en autonomie. Mais nous pouvons, piloter un modèle réduit, fabriquer un cerf-volant pour contempler leurs vols. Rien nous empêche d’admirer, dans la nature, les rapaces tournoyant et s’élevant dans les airs, les mouettes jouant au vent des falaises. Dans ces simples plaisirs, on y intègre le parapente qui est l’activité aéronautique la plus accessible d’entre toutes.
Souvent évoqué lors de rencontres dans le cadre de mes vols en biplace, le vertige est assimilé par erreur au vol. Il faut savoir que la sensation de vertige en parapente n’existe pas car en vol, nous n’avons aucun contact avec la terre. A titre d’exemple, un ancien collègue d’hélicoptère à l’armée a pris connaissance de son vertige lorsqu’il s’est reconverti dans la sécurité civile et a atterri sur le toit d’un hôpital !
Plus exigeant sur le plan mental que physique, le parapente a également su s’adapter aux différents besoins des personnes présentant un handicap et souhaitant se détaché de la Terre pour dominer les airs. Il existe du matériel spécifique pour offrir aux personnes à mobilité réduite ce rêve de voler.
Au delà de cette fascination, l’Homme a su faire de son rêve une réalité, celle d’accéder à un espace avec simplicité, dépendant de la seule force de la nature.
Le parapente n’est pas une activité appartenant à un genre, à une catégorie sociale, elle est ouverte à tous les profils. Tout le monde peut s’exprimer à travers des vols fantastiques.
De plus, nous avons la chance de pouvoir le pratiquer dans de nombreux endroits sur notre territoire et dans le monde, en plaine, en vallée et en montagne.

La sécurité

L’ignorance est l’alliée incontestée de l’inconscience comme la précipitation, le stress incontrôlé et la négligence. Le danger guète le moindre manquement, tel un automobiliste oserait doubler un véhicule dans un virage, sans visibilité devant lui. Toutes les activités, si elles manquent de sérieux dans sa pratique, procurent des risques de différents niveaux.
Qui n’a guère entendu ”activité à risque” ou ”extrême” pour qualifier le parapente ?
Parler d’activité à risque reviendrait à défendre que le risque 0 n’existe pas. Chaque activité comprend ses risques, et nous seul pouvons les inhiber en prenant de sages décisions. En conséquence, je qualifie aisément notre pratique en une école de la responsabilité qui mène à exercer notre loisir en sérénité, en prenant les bonnes décisions. Ces décisions viennent en prenant du recul, avec nos acquis et notre expérience et façonnent notre sécurité. Parmi ces décisions, on y inclus le refus de décoller par vent soutenu, d’atterrir dans une zone adaptée, de voler où l’atterrissage est possible par exemple.
La pratique du parapente en sécurité inclue l’emport d’un parachute de secours, des protections anti-choc sur nos sellettes, le port du casque et principalement une bonne dose réflexion personnelle.
Pour une sécurité maîtrisée, le parapente s’apprend en milieu adapté au rythme de notre progression. Dès la phase d’initiation, des connaissances importantes tels que la mécanique du vol, la météorologie, l’aérologie, le pilotage, s’acquériront progressivement et seront utilisées pour guider nos actions. Aux premiers abords, l’apprentissage peut sembler copieux mais dans la finalité, tout ce que vous assimilerez deviendront des automatismes de sécurité.
En complément des décisions, les vols sont sûr du moment que l’on est capable de prévoir, d’identifier et de gérer des situations. La base de connaissances théoriques et pratiques donneront ces capacités et s’assimileront à travers différents stages, la documentation, l’expérience, les échanges.
N‘oublions pas que la prise de recul sur soi est primordiale.

Apprendre

Je qualifierais le vol en parapente d’un jeu stratégique tridimensionnel avec la nature, dont la fin de partie se résumerait en un bel atterrissage et de belles émotions.
Comme dit dans la partie précédente, les connaissances s’obtiennent progressivement et permettront de réaliser des vols plus ambitieux. Pour s’aider, des stages de différents niveaux sont proposés pour suivre le pilote dans son évolution, le guider et répondre à ses attentes. Les moniteurs conduits l’apprentissage du futur pilote de façon à ce qu’il s’oriente progressivement vers des actions, des choix et des décisions en autonomie.
Le pilote évolue dans un espace invisible et apprendra à le comprendre à travers les mouvements ressentis et transmis par son matériel de vol, la réaction de l’environnement qui l’entoure. Bien qu’invisible, l’air donne beaucoup de signes dans la nature pour nous guider, tel que le mouvement de la végétation, les nuages, les oiseaux etc.
C’est une belle ”école” dans laquelle les découvertes sont toujours plus fascinantes, il serait contradictoire de se défendre de tout savoir sur une matière invisible qu’est la masse d’air. En parapente, nous ne sommes jamais sur la fin de ce que l’on semble connaître, ce qui en fait la magie de cette fabuleuse activité.

Le but de cet article étant de démystifier principalement l‘esprit du parapente. Beaucoup de sujets évoqués ici mériterait leur propre article qui seront développés. J’ai choisi de vous orienter sur une approche plus globale afin de ne pas vous submerger d’informations dont vous prendrez connaissance au fil du temps. Pour terminer, n’hésitez pas à entrer dans ce rêve vieux de milliers d’années, envolez vous et laissez votre imagination définir votre plaisir.

 

<< Au dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins >>
Charles BAUDELAIRE
Elévation.

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