Belle ambition mais des conditions météorologiques inattendues

Le week-end précédent ainsi que la veille, tout est vert pour partir en cross au départ de Moustier-Ste-Marie. Les émagrammes ressemblent à ceux du 1er mai. En prévision, un vent météo intéressant pour partir ver GAP et des plafonds atteignant les 2500m en milieu de journée pour le site de Moustier.

En compagnie d’Adrien, on rejoint Moustier et apercevons avec enthousiasme des vautours enrouler à 9H30 sur notre route. Déjà de l’instabilité ?

On rejoint le décollage de Courchon en amont du village et obtenons un accueil chaleureux de l’école locale.

2 élèves décollent à 10H40 et matérialisent parfaitement la masse d’air. Sur leur route, ils rencontrent des ascendances bien structurées. Pour leur 1er vol, c’est génial !

Un pilote avec sa Volt2 tente un décollage par vent nul, se loupe par manque de portance et a évité de justesse un accident.

Le matin, l’arrière du décollage chauffe plus générant de légères brises arrières. Quand la brise de face est absente, le décollage d’où sont partis les 2 stagiaires sont à privilégier.

Il est 11H30, je décolle.
Je rejoins le thermique dessiné par les 2 stagiaires et monte aisément à 1628m, soit 704m au dessus du plateau située à l’arrière. J’exploite tout ce que je trouve autour du décollage. En transitant vers le Mont-Denier au dessus du plateau, je perds vite de l’altitude et ne trouve aucune ascendance. Et je reviens vers la zone de décollage refaire un gain d’altitude

La convection est stoppée 30 minutes plus tard, je ne parviens plus à rejoindre le plafond !
Durant ce temps, beaucoup de pilotes arrivent au décollage et ne tiennent pas en l’air, c’est le “plouf” pour Adrien et les autres.

A l’atterrissage, la brise est forte à cause de l’effet venturi produit par la vallée. Au décollage, la brise s’est orientée sud, plus personne ne décolle. Les prévisions météorologiques annonçaient une matérialisation de la masse d’air par des cumulus mais aucun ne se formaient sur nos têtes. Par contre, elle devenait visible au sud.

Pour conclure, si ce vol était à refaire, la stratégie aurait été la suivante :

Journée du 6 mai explosive

Vol sur la Sainte Baume du 6 mai

A la débauche de ma permanence du week-end, la station météorologique donnait un vent de 35km/h sur le massif. De plus, la zone R95A étant activée pour la journée, je ne peux pas exploiter mon plan de vol initial.

Je consulte les différentes balises et le choix est rapide, ce sera un décollage nord sur la Sainte Baume. En effet, avant de monter au décollage, le vent est encore fort et orienté nord sur toutes les balises environnantes.

J’arrive sur la crête de la Sainte Baume et la poussière de la carrière de Signes indique du nord bien marqué. J’ai fait le bon choix et il ne me reste plus qu’à attendre la baisse annoncée de la vitesse du vent.

A ma grande surprise, je rencontre Loïc de Parapente Ste Victoire ! Il attend également un moment plus propice pour décoller et emboite le pas en premier. N’ayant pas volé depuis longtemps à cause d’une blessure et ne se sentant pas à l’aise dans les cisaillements des thermiques, il décide de poser.

Je décolle à mon tour et pars pour 2H46 de vol avec des ascendances de 4m/s et des thermiques désorganisés atteignant parfois les 6m/s ! Couplés à un vent météo d’ouest/nord-ouest rafaleux, le vol devient sportif et intéressant d’un point de vue technique.

Je parviens à faire l’aller-retour SteBaume – Trets et au retour, le vent est passé ouest à 22km/h. Il m’est même difficile de poser car ça monte partout ! Les émagrammes disent juste mais pas pour le lendemain…
A mon atterrissage, j’apprends que Mig fait un superbe vol du Mont Caume et que d’autres sont partis à la Cadière et n’ont pu décollé à cause du vent fort.

Plan de vol du lundi 6 mai (ed.4/05/19)

Ce lundi 6 mai, les émagrammes fournissent d’intéressantes courbes suradiabatique à proximité du sol ainsi qu’un gradient adiabatique laissant croire une présence de bons thermiques. En effet, le site de vélivole annoncent une vitesse moyenne verticale de 4 m/s le long de mon parcours étudié.

Un léger flux Sud/Sud-Ouest me permettrait de dériver en direction du Verdon.

Toutefois, ce parcours serait envisageable si l’espace R95A du Luc était désactivé.
L’instabilité de la masse d’air annoncée permettrait sans doute une transition sous les espaces aériens Provence6(1375m) et Nice8(1650m) avec moins de difficulté.

Le choix du décollage se fera au dernier moment car les prévisions ne semblent pas certaines.

L’erreur de ne pas partir en cross

Mardi 30 avril, je prépare mon matériel pour le retour d’un cross prévu le lendemain avec mes cartes, lignes de bus et de train imprimées, sac de couchage… Les prévisions annoncées d’excellentes conditions avec des plafond atteignant les 2500m de Manosque vers le nord.

Plan de vol et vent météo sur le parcours en tête depuis le 29 mai au soir, je suis enthousiaste pour franchir Gap depuis la Sainte Victoire malgré l’annonce d’une installation tardive de l’instabilité.

Afin d’être sûr de réaliser un cross de 150km, je revérifie les prévisions la veille à 20H00.

Ciel bouché, risque de surdéveloppement nuageux, averses localisées sont prévus selon mes dernières analyses.

Sceptique sur un potentiel cross de plus de 100km, je décide d’annuler et me contenterai d’un simple vol local le 1er mai.

En rentrant, j’apprends que des cross ont été effectués depuis la Sainte Victoire ne dépassant pas les 100km.
Par contre, un triangle FAI de 268km à été réalisé au départ de Saint Hilaire Sud, félicitation à Batiste Lambert ! Voici sa trace :

La science météorologique est de la probabilité. Il ne faut pas hésiter de partir en cross car le meilleur peut toujours arriver !

Jusqu’à aujourd’hui, les compétitions auxquelles je me suis inscrit on été annulées. Les prochaines seront à Aucun/Hautacam dans les Hautes-Pyrénées les 11 et 12 mai et dans le Revermont dans l’Ain les 18 et 19 mai.

Entre 2 épisodes météorologiques

Après un long épisode de forte instabilité et avant l’arrivée du Levant et de la pluie, ce lundi, l’instabilité annoncée est excellente avec un plafond maximal à 1700m vers 15h00. Toutefois, un vent météo marqué dépassant les 20km/h est inscrit dans les prévisions sur le modèle GFS.

A mon lieu de travail à 1000m, sur la Sainte Baume, notre balise météo donne un vent d’est/sud-est soufflant à 40km/h à 8H00 avec une tendance à la baisse.
Étant en récupération de ma permanence, je décide de prendre la route vers Cuges les Pins pour apprécier la Vénus SC vent de face. La balise PIOUPIOU fournissait un vent plus fort (16km/h minimum) à Cuges les Pins qu’à Signes.
Sur la route, je distingue les premiers cumulus, leur coiffe indiquant un vent d’Est/Sud-Est bien marqué en altitude.

Au décollage sud-est de Cuges les Pins, les cycles thermiques semblent courts et peu discernables avec un vent météo bien marqué par moment.

Je décolle avec 22km/h de vent, tiens facilement en soaring mais les thermiques sont couchés. En effectuant quelques tours, je dérive rapidement derrière le décollage où je trouve un thermique plus rentable.

Le plafond atteint à 1375m au dessus de la vigie du Brigou, je tente de me diriger vers Signes vent de face (18-22 km/h) en me rapprochant de la Sainte Baume. Finalement, je doute que l’orientation du vent donne un rendement suffisant sur la Sainte Baume et m’éloigne de la crête en conséquence.

En m’avançant, ma finesse dégrade beaucoup et j’essaie d’optimiser mon plané en exploitant au mieux toute la plage de vitesse de mon aile, accélérateur poussé au maximum par moment.
J’arrive à l’est de Cuges et trouve un thermique me faisant trop dériver. Une fois le gain d’altitude effectué, je m’avance à nouveau mais ne parvient pas à partir plus loin que précédemment.

A l’atterrissage, vers 14H00, le vent a tourné et les nuages étaient moins coiffés par le vent.
Était-ce les bonnes conditions pour voler face à la crête de la Sainte Baume et partir à ce moment ?

Les thermiques de la journée n’étaient pas rentables pour gagner des kilomètres face au vent. Ce fût tout de même un immense plaisir de se retrouver dans les airs après 3 semaines sans voler.

Des plafonds toujours plus hauts

>> agrandir ici <<

Départ à pied à 10H45 de l’atterrissage de Cuges-Les-Pins.

Dès mon départ, la manche à air commence à s’agiter. Pas de vent météo annoncé à la hauteur du décollage à cette heure-là, et des thermiques semblent déjà rôder dans les airs.
La veille, l’émagramme n’annonçait pas cette situation, une basse couche plutôt stable de 0 à 600m environ, comme à Signes.

11H40, j’arrive au décollage. Il n’y toujours pas de vent météo mais une brise de 10km/h travers gauche est bien marquée. Les cycles ne semblent pas très espacés, mais il faudra décoller dans le bon créneau pour localiser et rejoindre le thermique sous le risque de ne pas tenir en soaring.
Je décolle, pars à gauche où le relief était probablement générateur de thermiques et je ressens que de petites bulles inexploitables. D’ailleurs, je remarque l’agitation des feuilles mais ne trouve étrangement rien d’exceptionnel.
Je retourne en direction du décollage et continue d’observer…
Au moment de passer devant la zone de décollage, je sens que la masse d’air devant moi me tire et me laisse dériver vers celle-ci en conséquence. Bingo ! Je trouve le thermique avec lequel je fais mon premier gain de 1103m avec un ascension moyenne de 1,24 m/s (12h09).
Je ne le lâche pas et en profite pour me laisser dériver vers la Sainte Baume. Je croise au passage un couple de buse enrouler vers 900m.
Arrivé au dessus de la Sainte Baume, je me retrouve dans un léger vent météo d’ouest avant de se rétablir à nouveau en sud-ouest. Mes gains d’altitudes étant prometteurs avec un vent météo raisonnable, je pense à un aller-retour Cuges-Les-Pins ↔ Signes.
Bref, je refais un plafond à l’est de la Crête à 1866m et transite en direction de Signes (19h50).
A mi-chemin, je repère 2 biplaces grattant les rares ascendances et atterrissent pendant que d’autres pilotes attendent au décollage de Signes. Là-bas, la tendance plutôt stable en basse couche était justifiée. C’est en arrivant au dessus du décollage de Signes que les ailes commencent à décoller et à enrouler difficilement. Au même moment, j’enroule un thermique à 0,81m/s de moyenne pour atteindre 1459m (13h15) et tente de rentrer en direction de Cuges-les-Pins par la plaine.
Je me dirige vers la carrière à l’ouest de Signes, en vent de face, et ne trouve aucune ascendance. Je retourne en direction de Signes avec 932m d’altitude (13h22) et me ressource légèrement au niveau de la colline surmonté par les pylônes haute-tension avec une dérive arrangeante.

Je transite en direction d’une arrête orienté SO, à proximité de la zone d’envol de Signes.

A partir de ce moment (13h32), j’essaie de refaire un plafond satisfaisant pour retourner sur la crête de la Ste Baume. Je rencontre que de faibles thermiques, 0 à 1m/s destructurés et étroits. J’en sonde 5 sur des pentes orienté SO et ont des forces ascendantes quasi similaires. Je décide de transiter vers la crête à une altitude de 1331m (14h01).
J’arrive un peu bas, à 1km d’un endroit potentiellement source d’acendances et bien orienté que j’ai repéré durant ma transition.

Malheureusement, à cause de mon altitude, la présence des lignes HT me contraignent à ne pas m’engager vers ce lieux et j’essaie de prendre un gain d’altitude suffisant pour rejoindre ce dernier (14h05). Me sentant trop dériver, j’abandonne et tire une carte chance. C’est après un faible gain d’altitude que je rejoins l’endroit désiré (14h08) et n’arrive pas assez haut.

J’ai commis l’erreur de ne pas plus prospecter à côté de Signes pour partir avec un gain d’altitude suffisant.

Atterrissage à 14h15, à 2Hde marche de la route la plus proche.
Un passionné de vol me ramène à Cuges tout en partageant notre passion commune. Merci Jean-Christophe pour ce retour !

La prochaine fois, je n’oublierai pas ma caméra pour partager de belles images !